Je tente de cloner mon écriture avec Claude (résultat à 80 %)
Dans le premier épisode de cette série, aucun des trois outils testés à froid n'avait vraiment convaincu pour cloner un style d'écriture. Cette fois, une méthode plus structurée, inspirée d'un infopreneur reconnu, donne un résultat nettement plus convaincant avec Claude : au point d'avoir presque l'impression que c'est nous qui écrivons.
Pourquoi un simple fichier de style ne suffisait-il pas la première fois ?
Le test précédent fournissait un seul transcript, ponctuellement, dans une conversation. Cette fois, la méthode change de nature : au lieu d'un exemple isolé, il s'agit de construire un vrai projet Claude dédié, avec une base de matière durable et des instructions précises réutilisées à chaque nouvelle demande, plutôt qu'un contexte reconstruit à chaque fois depuis zéro.
Pourquoi la matière première doit-elle être 100 % humaine ?
Condition impérative de la méthode : les textes fournis pour l'analyse de style doivent avoir été écrits sans aucune aide de l'IA, la seule correction orthographique étant tolérée. Si la matière de départ contient déjà de la patte générique d'une IA, l'analyse de style part faussée dès le premier maillon, et tout ce qui en découle hérite du même biais.
En pratique, il faut réunir au moins dix à quinze textes personnels, idéalement une trentaine (emails, articles, peu importe le format), dans un seul fichier. Le format Word est recommandé plutôt que le PDF : un PDF contenant une grande quantité de texte est nettement plus lourd et sature plus vite les limites d'upload, alors qu'un fichier Word équivalent reste très léger.
Comment transformer une analyse de style en instructions réutilisables ?
Une fois le fichier de textes importé dans le projet, un prompt dédié demande à Claude d'étudier le ton, le rythme et les structures rhétoriques récurrentes des textes fournis : alternance de phrases longues et courtes, listes, questions rhétoriques, métaphores caractéristiques, signatures stylistiques (ponctuation, références récurrentes). L'analyse produite doit être concrète, ancrée dans les textes réels, pas une étiquette générique du type « ton direct et chaleureux ».
Cette analyse, une fois copiée dans un nouveau fichier, devient une véritable feuille de style, ajoutée en permanence au projet aux côtés des textes originaux. Elle sert ensuite de référence à chaque nouvelle demande de rédaction, sans avoir à la reformuler à chaque fois.
Comment structurer un "rédacteur" par type de texte ?
Le principe le plus utile de cette méthode : créer une conversation dédiée par format de texte (un rédacteur d'emails, un rédacteur d'articles de blog, un rédacteur de lettres...), chacune avec ses propres instructions de longueur, de ton et de structure. Il suffit ensuite de fournir un contenu source, par exemple un transcript de vidéo, pour que Claude rédige directement dans le style analysé, en s'appuyant sur la feuille de style et les exemples du projet.
Sur ce test, les objets d'email proposés étaient nettement meilleurs que ceux obtenus habituellement en demandant « à froid », logique puisque Claude dispose ici d'une vraie matière de style plutôt que d'un thème seul. Le corps du texte colle de très près au style recherché, au point de reproduire spontanément de petites répétitions ou une coquille grammaticale caractéristique : des imperfections qui, paradoxalement, renforcent l'impression de naturel plutôt qu'un texte trop lissé.
Ce n'est pas l'IA qui fait la différence, alors qu'est-ce que c'est ?
Le même outil, utilisé sans matière ni feuille de style dans l'épisode précédent, n'avait pas convaincu. Avec la méthode complète (projet dédié, matière humaine, feuille de style, instructions précises par format), le résultat change du tout au tout. La conclusion est nette : ce n'est pas le modèle qui détermine la qualité du clonage de style, c'est la rigueur de la méthode et la quantité de matière fournie en amont.
Peut-on encore affiner le résultat au-delà de 80 % ?
Un rédacteur configuré n'est pas figé : on peut l'ajuster par itérations successives, directement dans la conversation, par exemple en demandant des paragraphes plus courts ou en bannissant un tic d'écriture précis (les tirets cadratins, remplacés par des virgules, dans le cas testé ici). Chaque ajustement demandé peut cependant faire basculer le résultat vers un autre défaut : des paragraphes raccourcis à l'excès peuvent retomber dans des phrases hachées, plus proches des tics génériques qu'on cherchait justement à éliminer. L'équilibre se cherche par petites touches successives, pas en une seule consigne parfaite.
Résultat de cet épisode : un texte jugé très bon mais pas encore parfait, autour de 80 %, la première version la moins retouchée restant souvent la plus naturelle. L'exploration continue pour tenter de resserrer encore cet écart.
Ce module fait partie de L'Atelier Geekpratique, une bibliothèque de systèmes pratiques mise à jour chaque semaine.
